Nous sommes passionnés par le monde du travail et comment nous pouvons l'améliorer. Pour y parvenir, nous avons besoin d'idées provenant d'une grande diversité de personnes, de différents horizons et expériences.
Bonjour Rachel ! Bienvenue dans la série, nous aimerions mieux vous connaître. Pourriez-vous nous donner un aperçu de votre parcours ?
En regardant ma carrière, je réalise que j'ai toujours été fascinée par le pouvoir, principalement parce que ma perception du pouvoir (le mien, et celui que je respecte) était très différente de ce qui est généralement reconnu et récompensé comme étant « puissant ».
J'ai compris très tôt que le pouvoir n’était pas quelque chose que l’on « possède », mais quelque chose que l’on « exerce », et que tout dépendait de l’impact qu’on rayonne.
Quel effet puis-je produire dans le monde ? Comment puis-je faire en sorte que ce qui compte pour moi compte pour les autres, et comment puis-je aider ce qui compte pour les autres à avoir plus d'importance dans le monde ? Ces questions constituent le fil conducteur d'un parcours professionnel qui, autrement, pourrait ressembler à la balade d’un hamster égaré.
J'ai travaillé dans différents secteurs (associatif, lucratif, gouvernemental) et différentes industries (arts, image de marque et marketing, capital-risque, philanthropie, entrepreneuriat), et ce que tous ces projets ont en commun, c'est ma volonté de trouver de grands marchés pour de grandes idées—des idées qui rendent le monde plus équitable, plus éclairé, plus beau ou plus durable.
Ma partenaire de longue date, Suzanne Muchin, et moi avons créé plusieurs entreprises animées par cette motivation, la plus récente étant Bonfire, un accélérateur de développement des talents destiné aux femmes en pleine ascension.
Si nous demandions à un ami de nous décrire votre personnalité, que dirait-il ?
Cela dépend s’il parle officiellement ou officieusement. Officiellement, il citerait probablement mon énergie, mon esprit atypique et mon sens de la collaboration. Officieusement, il soulignerait que je suis dangereusement sans filtre, farouchement irrévérencieuse et impitoyablement critique.
En repensant à votre parcours professionnel, quelle est une histoire marquante qui ressort ?
Il y a plusieurs années, j’ai été engagée par un homme puissant et connu, que je ne nommerai pas (à moins que vous ne m’appeliez, alors je vous le dirai), pour conseiller son entreprise et accompagner sa CEO, Suzanne Muchin.
J’ai pris l’avion pour Chicago afin de la rencontrer, nous nous sommes installées pour le petit-déjeuner et nous n’avons quitté la table qu’au moment où le service du déjeuner commençait. À ce moment-là, nous avions décidé de trouver un moyen pour qu’elle quitte l’entreprise de cet homme et que je mette fin à ma mission de conseil pour que nous puissions monter une affaire ensemble.

Quelle est la leçon la plus marquante que vous avez apprise au cours de votre carrière jusqu’à présent ?
Si vous plantez votre tente professionnelle sur le terrain de vos névroses les plus profondes, vous êtes certain de réussir.
Quand vous entendez l’expression « construire un monde du travail meilleur », à quoi pensez-vous ?
Ce que j’imagine, c’est une culture d’entreprise en phase avec la société en dehors de l’organisation, qui célèbre la diversité des individus, récompense les collaborateurs à partir d'une compréhension nuancée de la différence entre production et résultat, valorise autant les « compétences comportementales » que les compétences techniques, et respecte le besoin de repos et de renouvellement comme un élément essentiel de la haute performance.
Si nous bâtissons des cultures d’entreprise qui placent les besoins de TOUS les êtres humains au centre, et que nous organisons ensuite le travail autour de ces besoins au lieu de faire l'inverse, alors nous aurons un meilleur monde du travail.
Pour vous, quel est le principal obstacle qui empêche la construction d'un meilleur monde du travail ?
Une pensée ne peut dépasser sa propre nature. Le paradigme actuel du travail a été construit par des hommes, pour des hommes (aucun reproche d’ailleurs, pourquoi auraient-ils fait autrement ?), mais ce paradigme ne peut pas se déconstruire et se reconstruire lui-même.
Il doit exister une force d’animation particulière, inspirée, mobilisée et capable d’aider à réécrire les règles du lieu de travail. Chez Bonfire, nous pensons que cette force, ce sont les femmes.
Quelle est la première action concrète à notre portée que nous pouvons entreprendre dès aujourd’hui pour bâtir un monde du travail meilleur ? Et, comment recommandez-vous de s’y prendre ?
Les femmes sont, par nature, prédisposées à aller au-delà de ce qui leur est demandé, pour veiller à l’engagement et au bien-être de leurs équipes, et pour soutenir une stratégie DEI plus large.
Ce n’est pas qu’un ressenti, de nombreuses données le prouvent, y compris la toute dernière étude de McKinsey sur les femmes dans le monde du travail.
Les femmes doivent commencer à se voir comme les architectes du futur milieu de travail, et doivent désapprendre les façons de travailler (et de diriger) qu’elles ont assimilées dans le paradigme professionnel actuel, pour apprendre de nouvelles manières de se présenter, de se démarquer et de franchir de nouveaux horizons sur leur lieu de travail.
Pouvez-vous partager une chose que vous avez vécue, vue ou lue et qui contribue à bâtir un monde du travail meilleur ?
Chaque mois, Bonfire organise des sessions d'une demi-journée pour des cohortes de femmes nominées par leurs employeurs pour suivre un programme de développement sur six mois.
L’expérience de voir ces femmes, cohorte après cohorte, passer d’une profonde incertitude à une conviction affirmée de leur pouvoir à changer le monde du travail, c’est ce qui me motive chaque jour à me lever.
J’ai vu ces femmes non seulement s’éveiller à leur propre raison d’être, mais aussi utiliser ce qu’elles ont appris pour élever les autres dans leur entreprise. Cela me donne foi en l’humanité et me rend fière d’être une femme.
En pensant à la construction d’un meilleur monde du travail, y a-t-il une entreprise et/ou un leader qui, selon vous, mérite d'être suivi ? Si oui, que font-ils ?
Je trouve qu’Esther Perel est toujours fascinante et propose des réflexions originales sur le travail sous un angle relationnel (www.estherperel.com). Ce n’est vraiment pas une approche classique.
Merci Rachel ! De très bonnes pistes de réflexion ici. Comment les lecteurs peuvent-ils suivre votre travail ?
Pour en savoir plus sur Bonfire, visitez bonfirewomen.com
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