Vous avez reçu un ordre de saisie sur salaire pour l’un de vos employés et devez maintenant apporter les ajustements nécessaires à la paie pour en tenir compte. Que faire ensuite ?
Dans cet article, nous allons examiner de près la saisie sur salaire : son fonctionnement, le rôle des RH dans son exécution et pourquoi la conformité est si importante pour l’entreprise.
Qu’est-ce que la saisie sur salaire ?
La saisie sur salaire est une procédure légale par laquelle un employeur retient une partie du salaire d’un employé pour rembourser ses dettes.
Cela est généralement mandaté par le tribunal et peut survenir lorsqu’un employé a fait défaut sur le remboursement d’un prêt, n’a pas payé ses impôts ou sa pension alimentaire, ou a accumulé d’importantes dettes qu’il n’est pas en mesure de régler.
Les saisies sont automatiques et continuent d’être déduites du salaire de l’employé jusqu’au remboursement complet de la dette ou jusqu’à ce que des accords soient pris pour solder la dette de l’employé.
Un bon logiciel de paie permet d’effectuer cette tâche avec une relative facilité.
Des facteurs tels que la nature de la dette, le revenu disponible de l’employé, ainsi que les lois fédérales et locales déterminent le montant à saisir. Le rôle de l’employeur est purement administratif : il s’agit de déduire les montants définis et de les transmettre à l’autorité compétente, conformément aux meilleures pratiques de paie.
Types de saisie sur salaire
Il existe plusieurs types de saisies sur salaire. Regardons de plus près les plus courantes.
| Type | Description | Plafond de saisie |
|---|---|---|
| Saisie par créancier | Remboursement judiciairement ordonné de dettes telles que des impôts impayés ou des prêts étudiants en défaut de paiement. | Varie selon le type de dette ; prêts étudiants jusqu'à 15 % du revenu disponible. |
| Pension alimentaire & pension | Saisie pour paiement en retard de pension alimentaire pour enfant ou de pension. | 50 à 60 % du salaire net disponible. |
| Saisie pour prêt étudiant | Saisie administrative fédérale pour défaut de paiement de prêts étudiants. | Jusqu’à 15 % du revenu disponible, mais pas moins que 30x le salaire minimum fédéral. |
| Saisie fiscale | Saisie par l’IRS des salaires pour dettes fiscales impayées. | Déterminé selon la situation de famille et les exonérations. |
Saisie par créancier
Dans ce cas, une décision de justice exige qu’un employeur retienne un pourcentage du revenu d’un employé afin de rembourser un créancier. Ceci résulte généralement d’impôts impayés, de prêts étudiants non réglés ou de pension alimentaire en retard.
Pour les impôts impayés, l’Internal Revenue Service (IRS) n’a pas besoin d’un jugement du tribunal pour saisir les salaires. Ils peuvent y procéder via un avis de saisie, ou la saisie légale de biens ou fonds pour régler une dette fiscale. Le montant qu’ils peuvent saisir varie en fonction du taux de déduction et du nombre de personnes à charge de l’employé.
En cas de défaut de paiement d’un prêt étudiant, le Department of Education américain ou toute entité de recouvrement travaillant pour cette agence peut saisir jusqu’à 15 % du revenu disponible mais pas plus que 30 fois le salaire minimum fédéral.
Enfin, une décision d’un tribunal de faillite peut également entraîner la saisie de salaires dans certaines circonstances, mais elle suspend généralement la saisie pour les dettes non garanties.
Saisie pour pension alimentaire et pension
Régis par la loi fédérale Consumer Credit Protection Act (CCPA) et les lois locales, ce type de saisie peut représenter entre 50 et 60 % du salaire net de l’employé.
Si la saisie de ces salaires relève de la section paie de l’entreprise, la distribution des fonds aux familles bénéficiaires incombe à l’Office of Child Support Enforcement.
En 2022, plus de 30 milliards de dollars de paiements de pension alimentaire ont été collectés, principalement par le biais des retenues à la source sur la paie, et bien souvent via des procédures automatisées des systèmes de paie informatisés.
Saisie de prêt étudiant
Lorsqu’un emprunteur ne rembourse pas ses prêts étudiants fédéraux, le Department of Education américain ou ses agences de recouvrement peuvent entamer une saisie administrative sans jugement du tribunal. Ils peuvent saisir jusqu’à 15 % du revenu disponible de l’employé, mais ne peuvent pas réduire sa paie à moins de 30 fois le salaire minimum fédéral.
Les emprunteurs concernés par une saisie de leur prêt étudiant peuvent négocier un plan de réhabilitation pour arrêter la saisie ou regrouper leurs prêts dans un nouveau plan de remboursement. Les employeurs en charge de ces saisies doivent suivre les directives fédérales pour rester conformes.
Saisie fiscale
Une saisie fiscale est une procédure légale par laquelle l’Internal Revenue Service (IRS) retient une partie du salaire d’un employé pour rembourser des dettes fiscales impayées. Contrairement à d’autres saisies, l’IRS n’a pas besoin d’une décision du tribunal pour imposer une saisie. Le montant retenu est déterminé en fonction de la situation de famille, du nombre de personnes à charge de l’employé et des montants des déductions standard.
Les employeurs doivent se conformer rapidement aux saisies de l’IRS et veiller à ce que toute partie non exemptée du salaire de l’employé soit transmise à l’IRS jusqu’à ce que la dette fiscale soit réglée. Les employés confrontés à une saisie peuvent contacter l’IRS pour négocier un plan de paiement ou demander la mainlevée de la saisie dans certains cas.
Obligation de l’employeur de procéder à la saisie sur salaire
En général, le processus commence par la notification de la saisie au débiteur. S’il ne parvient pas à s’y opposer avec succès, l’employeur sera obligé par le tribunal d’exécuter la saisie.
L’ordonnance de saisie contient les détails de la dette ainsi que les instructions sur la façon dont la saisie doit être appliquée. Dès réception de l’ordonnance, l’employeur doit agir immédiatement pour l’exécuter, sous peine d’encourir lui-même des sanctions.
Il existe un plafond au pourcentage de salaire pouvant être saisi, garantissant que l’employé conserve une somme suffisante pour ses dépenses courantes.
Avant le début des prélèvements, il est essentiel de souligner que l’employeur est tenu de remettre à l’employé une copie de l’ordonnance de saisie ainsi que tout autre document associé.
Quand commencer la saisie sur salaire
La saisie sur salaire est un processus qui doit respecter des exigences légales précises et un calendrier strict. Nous avons détaillé ce processus en sept étapes.
1. Réception de l’ordonnance de saisie sur salaire
Le processus de saisie commence lorsqu’un employeur reçoit une ordonnance officielle de saisie émanant d’un tribunal ou d’une administration. Ce document précisera le montant à prélever sur la paie de l’employé et donnera des instructions spécifiques sur la marche à suivre.
Il est crucial de porter une attention immédiate à cette ordonnance, car elle est souvent assortie d’un délai de réaction très court.
2. Vérification de l’ordonnance
Dès réception de l’ordonnance de saisie, le service RH doit tout d’abord en vérifier l’authenticité et en examiner attentivement les détails. Cela inclut la confirmation de l’identité de l’employé, du montant à saisir, ainsi que la compréhension de la durée de la période de saisie.
Il est essentiel de s’assurer que l’ordonnance est conforme aux lois étatiques et fédérales, car celles-ci peuvent énormément varier et impacter la procédure de saisie.
3. Information de l’employé
Une fois l’ordonnance vérifiée, le service RH doit alors en informer l’employé concerné. Cette notification doit être faite avec tact, car il s’agit souvent d’une situation stressante pour l’employé.
L’avis doit expliquer clairement l’ordonnance de saisie, le montant à déduire et les droits de l’employé, y compris les éventuelles possibilités de contestation ou de modification de la saisie.
4. Calcul du montant de la saisie
Les professionnels des ressources humaines sont responsables du calcul du montant exact à prélever sur chaque période de paie. Ce calcul doit respecter les lois fédérales et étatiques, qui fixent généralement des plafonds de saisie et protègent une partie des revenus de l’employé.
Le Consumer Credit Protection Act (CCPA) détermine des limites fédérales, mais certains États offrent des protections et plafonds supplémentaires aux employés.
5. Exécution de la saisie
Après avoir calculé le montant à saisir, l’étape suivante consiste à effectuer la retenue sur le salaire de l’employé.
Cela doit être effectué en conformité avec le calendrier de paie, qu’il soit bi-hebdomadaire, mensuel ou semi-mensuel, et garantir le paiement ponctuel au créancier ou à l’organisme à l’origine de l’ordonnance de saisie. Il est crucial de tenir des registres précis de toutes les sommes retenues et des versements effectués, car ces documents peuvent être requis pour une vérification future ou à des fins légales.
6. Suivi et ajustements continus
La saisie sur salaire nécessite une vigilance continue. Il est important de suivre la situation de votre employé afin de vous assurer du respect de l’ordonnance de saisie en cours et de toute modification législative susceptible d’affecter la procédure.
En cas de changement de statut de l’employé, de mainlevée ou d’ajustement de l’ordonnance judiciaire, il convient d’y réagir rapidement pour procéder aux ajustements nécessaires.
7. Conformité légale et accompagnement
Compte tenu de la complexité des lois relatives à la saisie sur salaire et du risque de conséquences juridiques importantes, il est conseillé aux professionnels RH de consulter un conseiller juridique avant d’engager le processus.
Un accompagnement juridique permet de naviguer dans l’ensemble des réglementations fédérales et étatiques, de garantir la conformité et de limiter les risques liés aux procédures de saisie.
Quand arrêter la saisie sur salaire
Supposons que votre employé ait entièrement rempli ses obligations envers les créanciers. Il est maintenant temps pour vous de mettre fin à la saisie sur salaire. Voici comment procéder.
Réception d’un ordre officiel de mainlevée ou de modification
La cessation d’une procédure de saisie sur salaire commence par la réception d’un ordre officiel de mainlevée ou de modification émis par un tribunal ou un organisme compétent. Ce document oblige légalement l’employeur à arrêter ou à ajuster les retenues sur salaire.
Il est essentiel que les professionnels des RH examinent rapidement cet ordre pour en comprendre les nouveaux termes et s’assurer de son authenticité.
Vérification de la conformité de l’ordre
Après réception d’un ordre de mainlevée ou de modification, les RH doivent examiner attentivement le document afin de s’assurer de sa légitimité et de bien comprendre les modalités d’arrêt ou de modification de la saisie. Cela implique de vérifier la conformité de l’ordre avec les lois fédérales et d’État ainsi que la clarté et la mise en œuvre concrète de la directive.
Informer l’employé
Après avoir validé l’ordre, les RH doivent informer l’employé concerné de la cessation ou de la modification de la saisie.
Cette communication doit inclure des détails sur la modification du statut de la saisie et son impact sur les prochains bulletins de paie de l’employé. Transparence et sensibilité sont essentielles à cette étape pour maintenir la confiance et accompagner la transition de l’employé.
Ajustement de la paie
L’étape cruciale suivante consiste à ajuster le système de paie pour refléter l’arrêt ou la modification de la saisie. Cet ajustement doit être précis et effectué en temps voulu afin d’éviter toute retenue indue sur le salaire de l’employé.
Les RH doivent travailler en étroite collaboration avec le service de paie pour garantir la bonne mise en œuvre des changements, conformément au cycle de paie.
Finalisation des paiements
Si l’ordre de saisie est totalement satisfait ou si un accord a été trouvé, les RH peuvent devoir effectuer un dernier paiement au créancier ou à l’organisme concerné. Veiller à ce que ce paiement soit correctement traité et effectué à temps est essentiel pour respecter les obligations légales de l’employeur et clore officiellement la procédure de saisie.
Archivage et documentation
Il est indispensable de conserver des archives complètes de toutes les communications, transactions et ajustements relatifs à la saisie.
Ces documents doivent inclure l’ordre initial de saisie, l’ordre de mainlevée ou de modification, les notifications à l’employé, ainsi que tous les justificatifs de paiements effectués. Une documentation rigoureuse favorise la conformité et peut s’avérer précieuse en cas de litige ou d’audit.
Vous pouvez également conserver vos notes pertinentes dans votre liste de contrôle pour la gestion de la paie.
Responsabilités de l’employeur
En résumé, voici les principales responsabilités de l’employeur concernant la mise en place et l’arrêt d’une saisie sur salaire.
- Respect des délais : Dès réception d’un ordre de saisie, l’employeur doit agir immédiatement pour mettre en œuvre la retenue sur salaire conformément aux instructions. Tout retard ou manquement peut entraîner des sanctions ou des conséquences juridiques pour l’employeur.
- Information de l’employé : L’employeur est tenu de fournir à l’employé concerné une copie de l’ordre de saisie et de tout document annexe. Cette démarche garantit la transparence et permet à l’employé de connaître ses droits et obligations.
- Calculs précis : L’employeur doit calculer le montant de la saisie sur la base des lois applicables, telles que les limites imposées par la loi fédérale sur la protection du crédit à la consommation (CCPA) ou les directives spécifiques à certains États. Des calculs incorrects peuvent engendrer des situations de non-conformité et des conflits.
- Tenue des dossiers : Il est essentiel de conserver des registres précis relatifs aux ordres de saisie, retenues et paiements. L’employeur doit archiver ces documents pour des fins d’audit et de résolution de litiges éventuels.
- Transfert des fonds : L’employeur doit veiller à ce que les sommes saisies soient rapidement versées au créancier, à l’agence ou au tribunal désigné selon ce qui est indiqué dans l’ordre de saisie.
- Suivi des modifications : L’employeur doit se tenir informé de tout changement apporté à l’ordre de saisie, tels qu’une modification, une mainlevée ou une évolution du statut de l’employé. Les ajustements du système de paie doivent être effectués sans délai pour refléter ces changements.
- Protection des droits de l’employé : L’employeur ne doit pas faire preuve de discrimination à l’égard d’un employé à cause d’une saisie sur salaire, ceci étant interdit par la loi fédérale. Un employé ne peut être licencié uniquement en raison d’un ordre de saisie.
Les règles de la saisie sur salaire
Les plafonds et réglementations concernant la saisie sur salaire jouent un rôle crucial à la fois dans l’application du remboursement des dettes et dans la protection de l’employé contre des retenues excessives et abusives.
En vertu du Titre III du CCPA, le montant maximal pouvant être saisi sur le salaire net d’un employé est déterminé par la loi fédérale. Cependant, la législation de chaque État peut différer et fixer une limite inférieure à celle des normes fédérales.
Les employeurs ont la responsabilité de comprendre ces réglementations complexes. Ne pas traiter correctement les saisies sur salaire peut entraîner des pénalités et des amendes pour l’entreprise. Il est donc essentiel d’interpréter ces règles avec précision à l’aide de logiciels RH fiables logiciels RH
Les employés dont le salaire est saisi disposent de droits conçus pour protéger leurs intérêts et garantir un traitement équitable tout au long de la procédure. Le CCPA mentionné ci-dessus définit les plafonds applicables aux saisies sur salaire.
D’autres droits incluent la réception d’un avis formel de saisie de salaire et des instructions sur la manière de la contester. Le délai de notification offre aux employés une occasion essentielle de vérifier la validité de la dette, de négocier un plan de paiement ou de solliciter l’aide d’un conseiller juridique pour contester la saisie si nécessaire.
Enfin, il est important que les employés sachent que la loi fédérale interdit aux employeurs de licencier ou de sanctionner un salarié uniquement en raison d’une saisie sur salaire pour une seule dette. Toutefois, cette protection ne s’applique pas aux employés cumulant plusieurs saisies pour des dettes différentes.
La violation de ces droits, comme le licenciement d’un salarié uniquement parce que son salaire a été saisi pour une seule dette, peut entraîner des poursuites supplémentaires contre l’entreprise, y compris des actions en justice pour licenciement abusif.
Sanctions et pénalités
Le non-respect des ordonnances de saisie sur salaire peut entraîner des sanctions et des pénalités importantes pour les entreprises, soulignant l’importance d’une conformité stricte aux obligations légales dans ces situations.
Les entreprises qui ne retiennent pas les montants exigés sur le salaire d’un employé, comme le demande une ordonnance de saisie, peuvent être tenues personnellement responsables des sommes qui auraient dû être saisies. Cela signifie qu’une entreprise pourrait devoir verser, sur ses propres fonds, la dette que l’employé doit, ce qui peut représenter une charge financière conséquente selon la taille et la nature de la saisie.
En plus des responsabilités financières, les entreprises peuvent aussi s’exposer à des conséquences juridiques en cas de non-respect, notamment des amendes et pénalités imposées par le tribunal ou l’organisme émetteur.
Ces pénalités peuvent être très variables mais visent à faire respecter la législation et à garantir la protection des droits des créanciers.
Des infractions répétées ou particulièrement graves en matière de saisie peuvent entraîner un contrôle réglementaire accru, donnant lieu à des audits, des enquêtes et un risque de nuire à la réputation de l’entreprise.
De telles conséquences peuvent avoir des répercussions à long terme pour une entreprise, affectant son activité ainsi que ses relations avec les salariés, partenaires et l’ensemble de la communauté.
Législations des États concernant les saisies sur salaire
Si les lois fédérales établissent un socle minimal pour les pratiques de saisie, notamment le pourcentage maximal du revenu pouvant être saisi, les lois des États peuvent affiner ou imposer des restrictions supplémentaires à ces procédures.
Par exemple, certains États appliquent des plafonds plus bas sur le montant saisissable, offrant ainsi une meilleure protection des revenus des employés que ne l’exige la loi fédérale. Dans les États dotés de telles dispositions, les employeurs doivent donc respecter la législation locale la plus restrictive lors du traitement des saisies.
L’exemple de la Floride illustre bien cela, où les règles suivantes s’appliquent :
- Une seule saisie sur salaire autorisée par individu
- Si le revenu disponible est inférieur à 30 fois le salaire minimum fédéral, vos salaires ne peuvent pas être saisis.
- Exonération pour chef de famille de Floride : si l’employé est le chef de famille et gagne moins de 750 $ par semaine, ses salaires ne peuvent pas être saisis.
Les lois des États peuvent également déterminer les types de dettes pouvant faire l’objet d’une saisie et établir une hiérarchie entre elles.
Par exemple, certains États accordent la priorité aux saisies pour pension alimentaire ou soutien aux enfants sur celles concernant des dettes à la consommation. Cette priorisation peut influencer l’ordre de traitement de plusieurs saisies ainsi que le montant total légalement saisissable sur le salaire d’un employé.
Bien comprendre ces subtilités est essentiel pour les employeurs afin d’assurer leur conformité et pour les employés afin de connaître leurs droits et protections prévues par le cadre légal de leur État.
La procédure pour contester une saisie, les droits de l’employé et les obligations de l’employeur peuvent beaucoup varier d’un État à l’autre. Ces variations mettent en évidence l’importance de consulter des professionnels du droit connaissant les législations particulières de l’État où se trouve l’entreprise et où réside l’employé.
Fédéral vs État
| Aspect | Réglementation fédérale | Réglementations spécifiques à l'État |
|---|---|---|
| Plafonds de saisie | 25 % des revenus disponibles ou montant dépassant 30 fois le salaire minimum fédéral. | Les États peuvent imposer des plafonds plus stricts, comme des pourcentages ou seuils de revenus plus bas. |
| Exceptions | Exceptions limitées, par exemple, prestations de Sécurité sociale et avantages pour anciens combattants. | Exceptions supplémentaires, telles que la protection du chef de famille ou des limites de revenus spécifiques. |
| Priorisation des dettes | Pension alimentaire pour enfants, pension et dettes fédérales sont prioritaires. | Variable. Certains États priorisent la pension alimentaire avant les dettes de consommation. |
| Procédure | Procédure uniforme dans tous les États. | Varie considérablement, y compris dans les démarches pour contester une saisie. |
| Conformité de l’employeur | Respect des lois fédérales. | Doit respecter les lois fédérales et étatiques, en privilégiant les exigences les plus strictes. |
Droits des employés lors d'une saisie sur salaire
Les employés soumis à une saisie sur salaire bénéficient de plusieurs protections prévues par la législation fédérale et les lois des États afin de garantir l’équité et d’éviter toute précarité excessive. Ces droits sont essentiels pour préserver la stabilité financière des employés et garantir un traitement équitable tout au long de la procédure de saisie.
En comprenant ces protections, les employés peuvent mieux gérer leurs obligations tout en maintenant un revenu suffisant pour couvrir leurs dépenses essentielles. Les droits principaux incluent :
- Protection contre le licenciement : Selon la Consumer Credit Protection Act (CCPA) fédérale, un employeur ne peut pas licencier un salarié uniquement parce que ses salaires font l'objet d'une saisie pour une dette. Toutefois, cette protection ne s’étend pas nécessairement aux cas où plusieurs saisies sont en cours.
- Notification préalable : Les employés ont le droit de recevoir une copie de l’ordonnance de saisie de la part de leur employeur. Cela garantit la transparence et permet aux employés de vérifier la légitimité de l’ordonnance.
- Possibilité de contester la saisie : Les employés peuvent contester une ordonnance de saisie s’ils estiment qu’elle est incorrecte ou injustifiée. Cela peut passer par le dépôt d’une contestation devant un tribunal ou une négociation directe avec le créancier.
- Demandes d’exemption : Les employés peuvent demander des exemptions en fonction de leur situation financière ou des lois spécifiques de leur État. Par exemple, les prestations de Sécurité sociale, d’invalidité ou les avantages pour anciens combattants peuvent souvent être exemptés de saisie. Les employés peuvent faire valoir ces exemptions en déposant un formulaire de demande d’exemption auprès du tribunal qui gère la saisie ou directement auprès du créancier. Il leur faudra généralement fournir des pièces justificatives, telles qu’une preuve de revenu ou de statut d’exemption. Par exemple, certains revenus, comme les prestations de Sécurité sociale, peuvent être exemptés de saisie.
- Accès à l’information : Les employés ont droit à une information détaillée concernant la saisie, incluant le montant prélevé, le créancier ou l’agence bénéficiaire des fonds, ainsi que le solde restant dû.
- Droit de modifier ou mettre fin à la saisie : Si leur situation évolue, comme une diminution de revenu ou le remboursement de la dette, les employés peuvent demander une modification ou une cessation de la saisie. Cela implique généralement de transmettre une demande officielle au tribunal ou au créancier, accompagnée de documents justifiant le changement. Les employés pourront être amenés à présenter une preuve d'une baisse de revenus, de dépenses médicales ou d'autres difficultés financières. De plus, consulter un conseiller juridique ou demander l’aide du département RH peut contribuer à garantir un traitement adéquat et efficace du dossier. Il est souvent nécessaire d'apporter des justificatifs au tribunal ou au créancier.
Plafonds applicables aux montants saisis
La Consumer Credit Protection Act (CCPA) fixe des limites essentielles au montant des revenus disponibles qu’un employé peut se voir saisir. Ces plafonds ont pour objectif que les salariés conservent un revenu suffisant pour leurs dépenses de subsistance :
- Plafonds standards : Selon la CCPA, la saisie est limitée au moindre de 25 % du revenu disponible ou au montant de revenus hebdomadaires dépassant 30 fois le salaire minimum fédéral. Par exemple, si le salaire minimum fédéral est de 7,25 $ de l’heure, ce seuil correspond à 217,50 $. Les revenus excédant ce seuil peuvent être saisis, dans la limite des 25 %.
- Pension alimentaire pour enfants et pension : Pour les ordonnances de pension alimentaire ou de pension, les plafonds sont plus élevés. Jusqu’à 50 à 60 % du revenu disponible peut être saisi, en fonction du fait que l’employé subvienne ou non à d’autres personnes à charge (conjoint ou enfant). Si ce n’est pas le cas, jusqu’à 60 % du revenu disponible est saisissable, avec 5 % supplémentaires si le retard de paiement dépasse 12 semaines.
- Prêts étudiants fédéraux : La saisie sur revenus pour défaut de paiement d’un prêt étudiant fédéral est limitée à 15 % du revenu disponible, l’employé devant conserver au moins 30 fois le montant du salaire minimum fédéral en revenu net.
- Prélèvements fiscaux : Les plafonds applicables aux dettes fiscales fédérales sont fixés selon les directives de l’IRS, lesquelles tiennent compte du statut fiscal et du nombre de personnes à charge du contribuable. Contrairement aux autres saisies, il n’existe pas de pourcentage fixe, mais un montant minimum exempté est calculé pour garantir la couverture des besoins essentiels.
Impact de la saisie sur salaire sur le crédit et la santé financière
Une saisie sur salaire peut avoir une influence importante sur la cote de crédit d’une personne ainsi que sur sa santé financière globale.
Une saisie de salaire signifie qu’un jugement par défaut a été prononcé ; il s’agit d’une information publique qui peut faire chuter considérablement la cote de crédit.
Ce jugement demeure sur le dossier de crédit pendant sept ans, ce qui affecte négativement la capacité de l’emprunteur d’obtenir des crédits ou prêts ultérieurs, car les prêteurs potentiels peuvent le considérer comme un débiteur à haut risque.
En outre, un salaire réduit en raison d’une saisie peut mettre à mal le budget mensuel d’une personne. Si elle vit au jour le jour, toute diminution de revenu risque de l’empêcher de remplir ses autres engagements financiers.
Avec le temps, ce stress financier peut engendrer plus de défauts de paiement et de factures impayées, entraînant davantage d’annotations négatives sur le dossier de crédit.
Ce cercle vicieux d’instabilité financière peut perdurer à moins de prendre des mesures proactives de redressement et de planification financière. Songez à proposer des programmes d’éducation financière pour ces employés afin de les aider à mieux gérer leur salaire.
Pour en savoir plus sur la paie et mieux soutenir la santé financière de vos employés, abonnez-vous à la newsletter People Managing People. Vous recevrez les dernières actualités, analyses et contenus approfondis pour relever les défis de votre quotidien RH.
