Les lieux de travail sont devenus des champs de bataille pour les idéologies politiques, avec les initiatives DEI au cœur de la controverse. Dans cet épisode, l’animateur David Rice s’entretient avec Enrique Rubio, fondateur de Hacking HR, sur les dangers de la polarisation politique au sein des organisations et sur la nécessité pour les dirigeants de prendre position.
Enrique invite les auditeurs à aller au-delà des acronymes et à voir la DEI pour ce qu’elle représente réellement : un traitement équitable et des opportunités pour tous. Il offre des conseils pratiques aux professionnels des ressources humaines pour fixer des limites, favoriser la cohésion et créer des environnements où le dialogue civilisé prospère. À mesure que les pressions politiques augmentent, cette conversation pose une question essentielle : quelles valeurs vont définir votre leadership ?
Points forts de l’entretien
- L’impact de la politique sur les RH [01:00]
- L’influence politique a toujours affecté les gens, mais les 50 dernières années aux États-Unis ont été particulièrement divisantes.
- La division traditionnelle sur les impôts et la taille du gouvernement a évolué vers une fracture alimentée par la concentration de la richesse et l’intérêt personnel de l’élite fortunée.
- Une classe aisée a manipulé la perception du public, amenant les gens à accuser ceux qui sont différents par l’apparence, la pensée ou le mode de vie, au lieu de reconnaître les problèmes systémiques.
- La polarisation s’est intensifiée ces 15 dernières années, en particulier depuis l’élection d’Obama et l’adoption de l’Affordable Care Act.
- Beaucoup de personnes ont été trompées, au point de ne pas reconnaître que «Obamacare» et l’«Affordable Care Act» sont la même chose.
- La division politique extrême a un impact sur les lieux de travail, rendant impossible la neutralité des RH.
- Les mois à venir mettront encore plus en évidence cette polarisation, car ceux qui accusaient autrefois les autres pourraient devenir eux-mêmes des cibles.
- Les gens pensent souvent que les événements négatifs ne les toucheront pas, mais l’histoire montre que n’importe qui peut devenir une cible.
- Les régimes qui promettent d’améliorer la vie de certains en nuisant à d’autres finissent par se retourner contre leurs propres partisans.
- Une société ne peut prospérer en aggravant la situation d’autrui — ceux qui soutiennent de telles politiques en souffriront aussi à terme.
- Les mouvements politiques qui font porter la faute sur des personnes extérieures pour les problèmes économiques et sociaux finiront par s’en prendre également à leurs propres partisans.
- Les lieux de travail qui s’alignent sur des idéologies oppressives risquent de se retrouver du mauvais côté de l’histoire.
- Soutenir des politiques néfastes pour un bénéfice à court terme est risqué — tôt ou tard, ceux qui détiennent le pouvoir se retournent contre tout le monde.
- L’idée qu’un alignement avec des forces oppressives offre une sécurité durable est une illusion.
- L’importance des lieux de travail inclusifs [08:13]
- Défendre la gentillesse, l’inclusion et l’appartenance est devenu un acte politique, alors que ces valeurs devraient être universelles.
- La société ne devrait pas considérer la décence humaine fondamentale comme partisane, mais c’est pourtant souvent le cas.
- Les entreprises et les individus doivent réfléchir à l’héritage qu’ils laisseront, car l’histoire se souviendra de leurs actions.
- Un environnement de travail devrait permettre à chacun de s’épanouir selon ses mérites, indépendamment de la race, de la religion, du genre ou de l’identité.
- Les entreprises qui abandonnent la diversité et l’inclusion pour satisfaire une minorité bruyante devront en répondre.
- Les boycotts des consommateurs en raison de positions politiques sont souvent temporaires, mais compromettre ses valeurs a des conséquences durables.
- Les entreprises devraient insister sur le fait que la diversité renforce la performance et la réputation de leur marque.
- Ceux qui choisissent de défendre l’inclusion seront retenus dans les mémoires, tandis que ceux qui ne le font pas seront perçus comme des lâches.
Si, en tant qu’entreprise, vous décidez de retirer la diversité de vos principes et de vos valeurs pour satisfaire un petit groupe de personnes, le reste d’entre nous s’en souviendra. Le reste d’entre nous vous demandera des comptes, car cela serait un acte de lâcheté.
Enrique Rubio
- Le contrecoup contre la DEI et perspectives d’avenir [12:35]
- Ces dernières années, divers mouvements sociaux (BLM, « woke », DEI) ont été utilisés comme boucs émissaires pour justifier des échecs politiques et économiques.
- Les responsables politiques se servent de ces mouvements pour détourner l’attention de leur incompétence et de leur corruption.
- Certaines entreprises adoptent des politiques anti-DEI, supprimant les initiatives de diversité et la reconnaissance des événements culturels.
- D’autres, comme Ben & Jerry’s et Costco, continuent de soutenir la diversité et l’inclusion, prouvant que cela est bénéfique pour les affaires.
- Les entreprises qui abandonnent la DEI finiront par constater que ce n’était pas un sacrifice nécessaire.
- Les personnes opposées à la DEI devraient clairement dire qu’elles ne soutiennent ni la diversité, ni l’équité, ni l’inclusion, plutôt que de se cacher derrière des acronymes.
- Rejeter la DEI, c’est rejeter des opportunités pour les groupes marginalisés, y compris les personnes en situation de handicap.
- Changer le discours autour de la DEI pourrait aider à faire prendre conscience à certains combien leur position est excluante.
- Promouvoir la civilité au travail [18:03]
- Enrique a étudié l’administration publique, mais a trouvé sa vocation dans les ressources humaines pour servir les gens.
- Jouer des rôles aux points de vue extrêmes lors de débats a permis de développer la compréhension et les compétences en discussion.
- La société a besoin de discussions structurées et civilisées dans les entreprises, les écoles et les familles.
- Les conversations doivent être encadrées par des règles pour garantir le respect et un dialogue ouvert.
- Exemple : Une personne s’opposant à la DEI car elle a été écartée d’une promotion—ce point de vue mérite d’être reconnu et discuté.
- Les données montrent que la DEI est bénéfique de manière générale, mais les expériences individuelles négatives ne doivent pas être négligées.
- Certains sujets très polarisants ne sont pas adaptés au travail, mais d’autres peuvent créer des ponts.
- Des échanges ouverts peuvent aider à réaliser que l’on partage davantage de points communs que l’on ne pense.
- Il reconnaît que certaines personnes restent fermées sur leurs opinions, mais la majorité reste ouverte au dialogue.
- Comprendre les idées fausses sur la DEI [22:39]
- Beaucoup s’opposent à la DEI sans même savoir ce que cela signifie.
- On observe des exemples concrets de personnes rejetant des politiques qu’elles ne comprennent pas.
- La même confusion existe pour des politiques comme l’Obamacare et l’Affordable Care Act, qui sont en fait la même chose.
- Des conversations raisonnables peuvent aider à clarifier les malentendus.
- Les gens sont induits en erreur et rejettent des politiques selon leur terminologie, non leur contenu.
- La désinformation crée des divisions inutiles.
- Des débats ouverts sont nécessaires sur des sujets plus larges que la DEI et les ressources humaines.
- Critique du gouverneur du Texas, qui bénéficie de l’accessibilité tout en la supprimant pour autrui.
- S’opposer à la DEI nuit non seulement aux groupes marginaux, mais aussi aux vétérans, aux personnes neurodivergentes et aux personnes en situation de handicap.
- Avertissement : les politiques ciblant certains groupes finiront par nuire à tous.
- Les dirigeants haineux suivent un schéma prévisible : blâmer autrui, retirer des droits, et nuire secrètement à leurs propres partisans.
- Le progrès ne vient pas en rendant la vie des autres plus difficile.
- Construire des environnements de travail inclusifs [26:34]
- Construisez un lieu de travail dont vous seriez fier que vos enfants y travaillent.
- L’inclusion est essentielle—les employés doivent se sentir acceptés quelle que soit leur identité ou leurs capacités.
- La réussite de l’entreprise et l’attention portée aux personnes ne sont pas des objectifs opposés.
- Des politiques excluantes nuisent à la réputation de l’entreprise et aliènent les employés.
- On ne construit pas une grande organisation ou un grand pays en privilégiant un groupe plutôt qu’un autre.
- Des décisions à courte vue, comme supprimer des célébrations culturelles, détruisent la confiance et le moral.
- Des personnes intelligentes prennent de mauvaises décisions en simplifiant à l’extrême des sujets complexes.
- Certaines décisions peuvent convenir à un gouvernement mais ne sont pas bénéfiques pour la société.
- Des entreprises prennent sciemment des décisions nuisibles en privilégiant le business au détriment de l’humain.
- Faire abstraction de l’impact sociétal pour des gains à court terme n’est pas une stratégie durable à long terme.
Vous pouvez construire un lieu de travail prospère et performant en aidant les gens à s’épanouir et à réussir. Ce n’est pas un oxymore—ces deux aspects sont les deux faces d’une même pièce. Ils ne s’opposent pas fondamentalement. Ce principe devrait guider vos actions.
Enrique Rubio
- Défis RH et épuisement professionnel [31:38]
- Vous ne pouvez pas satisfaire tout le monde tout le temps ; essayer de le faire mène à l’épuisement professionnel.
- La clarté de la culture d’entreprise et des politiques est cruciale pour éviter d’induire les employés en erreur.
- Des changements de politique soudains, comme le licenciement d’un responsable DEI ou le retour en arrière sur le télétravail, nuisent à la confiance.
- Les RH sont souvent tenus responsables de décisions en réalité prises par les dirigeants de l’entreprise.
- Les employés doivent savoir à quoi s’attendre dès le départ afin de décider si l’entreprise correspond à leurs valeurs.
- Des changements radicaux sans préavis entraînent des employés désengagés et des problèmes à long terme.
- L’importance de la communauté [35:54]
- Les humains sont faits pour la vie en communauté, mais la société moderne oblige chacun à résoudre ses problèmes individuellement.
- L’évolution nous a façonnés pour collaborer en petits groupes, pas pour fonctionner en isolement.
- Écoles, entreprises et structures sociales privilégient la performance individuelle au détriment du soutien collectif.
- La solitude est un problème de société croissant et nuit à la santé mentale.
- S’engager dans de vraies communautés (et non pas seulement dans des groupes ou associations en ligne) est essentiel au bien-être.
- Les divisions politiques créées de toutes pièces aggravent le stress et l’anxiété, rendant le soutien communautaire encore plus important.
- Simplement verbaliser ses difficultés dans un groupe bienveillant peut avoir un effet puissant de guérison.
Présentation de notre invité
Enrique Rubio est expert RH, technologie et futur du travail, conférencier principal et fondateur de Hacking HR, une communauté mondiale d’apprentissage au carrefour du futur du travail, de la technologie, des affaires et des organisations, comptant des milliers de membres à travers le monde. Ingénieur en électronique de formation, Enrique s’est tourné vers les RH, apportant ainsi une perspective unique au domaine. Il a occupé des postes comme ingénieur principal de projet chez Telefónica et conseiller auprès du Directeur des Ressources Humaines à la Banque Interaméricaine de Développement. Enrique a aussi fondé et dirigé Management Consultants, une société spécialisée dans les ressources humaines au Venezuela. Reconnu comme l’un des 100 principaux influenceurs RH mondiaux, il est boursier Fulbright et titulaire d’un master exécutif en administration publique de la Maxwell School à l’Université de Syracuse.

On ne peut pas bâtir un grand pays ou une grande organisation en excluant les autres. Nous ne rendrons pas l’Amérique de nouveau grande si cela n’a de sens que pour un seul groupe de personnes à court terme. Ce principe s’applique aussi au monde professionnel.
Enrique Rubio
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Lisez la transcription :
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Enrique Rubio : Quand vous utilisez quelque chose de bon, n'est-ce pas ? Et que vous l'utilisez comme bouc émissaire pour masquer vos propres incompétences, votre corruption, votre nature brisée d’être humain. Et plus triste encore, lorsque de nombreuses personnes pensent que leurs difficultés proviennent de ce bouc émissaire, alors nous nous trouvons dans une situation très mauvaise.
David Rice : Bienvenue sur le podcast People Managing People. Notre mission est de bâtir un monde du travail meilleur et de vous aider à créer des environnements de travail heureux, sains et productifs. Je suis votre hôte, David Rice.
Mon invité aujourd'hui est Enrique Rubio. Il est le fondateur de Hacking HR. Nous allons parler de ce qui se passe autour de la DEI (Diversité, Équité, Inclusion), la réalité de la politique au travail, et si les RH peuvent empêcher les organisations – ou même leur personnel – de se retrouver du mauvais côté de l’Histoire.
Alors Enrique, bienvenue.
Enrique Rubio : Merci, une conversation très pertinente et d’actualité nous attend. Merci de m'avoir invité.
David Rice : Oui, pas de problème.
Je voudrais commencer par te demander, car comme moi, tu as de l'expérience, tu es évidemment lié aux RH depuis longtemps. Quand as-tu senti pour la première fois que la politique s’était inscrite à ce point dans l’esprit et l’identité personnelle des gens, au point qu’il soit devenu impossible pour les RH d'y échapper ?
Enrique Rubio : Je pense que ça a toujours existé. Selon moi, l’impact de la politique sur les gens est présent depuis notre évolution jusqu’à ce que nous devenions humains. Je pense qu'aux États-Unis, au moins, les 50 dernières années ont été très clivantes et la ligne de fracture n'est plus la même. Avant, il s’agissait davantage d’impôts, de taille du gouvernement fédéral, l’implication des USA dans les affaires mondiales ou l'isolationnisme.
Mais cette ligne n’existe plus ainsi. On observe l'impact d'une classe de personnes très riches qui ne pensent plus vraiment à l’avenir de tout le pays ni à leur propre richesse, d’ailleurs. Ils réfléchissent surtout à comment faire grossir leur compte en banque.
Donc la réalité n’est plus un débat sur plus ou moins d’impôts. La ligne est : comment puis-je obtenir plus du gouvernement à mon seul bénéfice, au détriment de l’écrasante majorité ? L’argent est une ressource finie, n’est-ce pas ? Nous n’avons pas une quantité illimitée de ressources.
Plus une personne prend, moins il en reste pour l'autre. Je pense qu’à cause de cela, au cours des 50 dernières années, nous nous sommes énormément polarisés, car cette classe de très riches a « lavé le cerveau » à une grande partie des Américains, un gros pourcentage de la population, et leur a fait croire que s’ils n'ont pas d’opportunités, s’ils n’arrivent pas à trouver un emploi, s’ils ne peuvent pas se payer des soins de santé, c’est à cause de la personne d’en face, qui est différente, pense différemment, aime différemment, appartient à un autre parti politique – alors qu’en réalité, c’est cette classe de riches qui a acheté les politiciens et accaparé une partie de ces ressources.
Donc cela dure depuis longtemps, mais les 50 dernières années ont été particulièrement aiguës aux USA. Les 15 dernières années ont été vraiment folles, notamment depuis l’élection du président Obama en 2008, et surtout depuis l’adoption de l’Affordable Care Act, ce que nous appelons Obamacare – qui est la même chose, au cas où certains n’auraient pas compris.
Je ne sais pas si tu as vu ces interviews où les gens disent : « Ah, je ne veux pas d’Obamacare, je veux l’Affordable Care Act ! » alors que c’est la même chose. Encore un signe qu’on a été manipulé pour devenir haineux envers ceux qui veulent aussi des soins de santé. On serait pourtant sur le même bateau.
Mais on a été manipulé quand même, et ces 15 dernières années ont été hyper polarisées et divisées. Il n’est plus possible pour le monde du travail – et donc les RH – de se mettre de côté et d’éviter d’être exposé à la politique. Cela n’arrivera pas, tant que nous resterons aussi divisés.
Alors, pour répondre à ta question plus brièvement : ces 50 dernières années ont été clivantes, les 15 dernières ont été affreusement polarisées, et peut-être que nous ne l’admettons pas car nous en sommes les victimes – ou parfois les bourreaux – mais dans les mois à venir, on va vraiment sentir cette polarisation. Ceux que je blâmais pour mes problèmes vont souffrir eux aussi, car ils vont devenir la cible, alors que je pensais qu’ils seraient les seuls concernés.
Il est donc impossible pour le monde du travail de ne pas s’impliquer activement dans ces conversations, surtout les RH.
David Rice : Je suis d’accord. J’ai posé la question car il me semble qu’on a tendance à penser que les gens n’emportaient pas autant ça au bureau autrefois, et même s’il y avait ce sentiment de « il y a des sujets à ne pas aborder au travail », je pense que l’élection d’Obama a changé la donne. On sent bien que les tabous sont tombés, voilà pourquoi j’ai posé cette question.
Enrique Rubio : C'est une question très pertinente, car parfois on pense que les choses n’arrivent qu’aux autres, et ce n’est vrai que dans une démocratie normale.
C’est vrai dans un pays où les lois s'appliquent à tous. Et où, oui, parfois une entreprise licencie dans un secteur, et on se dit « je ne travaille pas dans ce secteur, donc ça ne me concerne pas »… mais il y a des moments dans l’Histoire où tout le monde peut devenir une cible, même ceux qui soutenaient un régime censé cibler d’autres.
Quand quelqu’un te promet d’améliorer ta vie en ruinant celle d’un autre, crois-moi : tu deviendras une cible aussi un jour ou l’autre. Parce que tôt ou tard, tu deviendras un obstacle à mon agenda. On ne peut pas bâtir une grande société, un bon pays, en pensant qu’on doit faire du mal à d’autres pour progresser. Si quelqu’un te promet cela, même si tu le soutiens, sache que tu seras visé un jour. C’est ce qui se passe actuellement.
Les gens qui ont soutenu un mouvement politique qui leur disait : « Tu n’as pas de travail car les immigrés prennent ton emploi. Il y a des drogues dans la rue car elles viennent d’ailleurs. » Ceux qui soutiennent cela en pensant que leur vie va s’améliorer quand on enlèvera tout cela à d’autres, eh bien, ils vont se rendre compte qu’ils seront eux aussi ciblés.
Il est impossible d’y échapper. Aucun lieu de travail n’est à l’abri—et je sais que c’est un des sujets dont tu voulais parler aujourd’hui—, mais certains lieux de travail s’alignent sur des idées qui les placent du mauvais côté de l’Histoire. Je peux te promettre, en tant qu’exilé du Venezuela, que toute entreprise qui s’aligne sur de mauvaises causes, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas défendre des changements qu’on n’approuve pas, mais si vous vous alignez sur ce qui est mauvais pour la société parce que vous espérez flatter un régime, tôt ou tard ils viendront aussi pour vous.
Vous n’êtes pas à l’abri. Ce que vous gagnez n’est que temporaire. Peut-être vos poches se remplissent, à faire le mal, mais ils viendront aussi pour vous. Impossible d’y échapper.
David Rice : Je pense que tu as raison.
Et quand nous avons parlé avant l’émission, tu disais qu’actuellement, il y a cette sensation d’impuissance qui se répand, de gens qui pensent que tout va dans le mauvais sens, ce qui se répercute au travail.
Enrique Rubio : Oui, tout à fait.
David Rice : Dirais-tu qu’en ce moment, une culture centrée sur l’humain est encore plus importante, non seulement pour le bien-être de tes collaborateurs, mais aussi pour l’entreprise ?
Enrique Rubio : Absolument. C’est essentiel depuis des années, mais j’affirme qu’aujourd’hui, défendre ce qui est juste et humain, ça ne veut pas dire brandir un étendard politique.
C’est fou, d’ailleurs, d’imaginer qu’aujourd’hui, si tu dis : « Je suis une personne bienveillante », on saura direct pour qui tu votes ! Imagine à quel point c’est perverti… Affirmer croire en la bienveillance, l’amour, l’inclusion, le fait d’appartenir, immédiatement on t’étiquette. N’est-ce pas absurde ? Pourtant, qui ne veut pas d’une société plus gentille, plus inclusive, avec davantage d’opportunités ? Mais aujourd’hui, affirmer ces valeurs te catalogue automatiquement comme « libéral », anti telle ou telle tendance politique.
Le vrai problème, c’est que nous avons politisé ce qui devrait simplement être humain, pas partisan. Mais comme on ne peut pas y échapper, j’espère que les livres d’Histoire relateront précisément ce qui se passe aujourd'hui. Toute entreprise, toute personne qui sait que ce pays existera encore bien après Trump et son administration, et toutes les horreurs actuelles, doit penser à la façon dont on se souviendra d’elle, de son héritage. Donc, si tu t’alignes aujourd’hui sur de mauvaises causes, on s’en souviendra. Et la bonne chose à faire, c’est de déclarer : « Nous croyons en une culture d’inclusion », comme tu le disais, nous croyons en des environnements où chacun peut s’épanouir, quelle que soit la couleur de peau, la religion ou non, l’amour, l’identité de genre ou d’orientation sexuelle.
Nous voulons un lieu où chacun peut réussir par la performance, l’intégrité, les qualifications—ce qui devrait être la norme pour tous.
C’est le moment crucial pour s’engager sur ce qui est humain, pas politique. Si tes actionnaires s’inquiètent des conséquences économiques, démontre-leur concrètement les bénéfices obtenus grâce à la diversité : meilleures performances, finances saines, notoriété accrue, reconnaissance sociale...
Présente-leur des preuves. Mais nous nous rappellerons de ceux qui n’ont pas été courageux ou ont tourné le dos à ces valeurs essentielles.
David Rice : Tu parles de la politique du moment, de la DEI, on en parle beaucoup, on a vu que la SHRM recule. Beaucoup d’entreprises commencent à s’en distancer, mais on sent que ça va continuer sous une forme ou une autre. Comment ressens-tu les choses autour de la DEI et où penses-tu que ça va finir dans les prochaines années ?
Le récit va-t-il changer à nouveau ? Comme dans l’Histoire, il y a des cycles, ça descend puis ça finit par repartir. Penses-tu que ce type de retournement va encore arriver ?
Enrique Rubio : Oui. Rappelons-nous surtout—que vous souteniez Trump ou pas peu importe—ce qu’il s’est passé en 2020. La montée du mouvement Black Lives Matter après l’assassinat de George Floyd. Puis, évidemment, Black Lives Matter est devenu le bouc émissaire du gouvernement Trump de l’époque. On ne pouvait rien livrer, le déficit explosait, on disait aux gens de ne pas porter de masques… Tout était la faute des Black Lives Matter.
De 2021 à 2023, c’était le « virus woke ». Mais demandez-leur ce que veut dire « woke », ils ne savent même pas ! Si être woke, c’est être empathique, bienveillant, aimant, ouvert, alors je suis la personne la plus woke du monde, car je veux le bien pour tous. Donc c’était woke, maintenant c’est la diversité, l’équité et l’inclusion la coupable. Et l’an prochain, ce sera autre chose. Peut-être qu’on s’en prendra à ceux qui ne sont pas religieux… Ils trouveront toujours un nouveau bouc émissaire.
Quand vous transformez des valeurs fondamentales en boucs émissaires pour votre incompétence, votre corruption, ou votre détresse personnelle, et que trop de gens y croient, on va droit dans le mur.
Je pense que dans les prochaines années, certaines entreprises vont s’aligner sur Trump. On le voit déjà : Facebook n’a plus d’objectifs de diversité, plus de modérateurs, la diversité n’est plus un sujet. Google, ce qui m’a franchement déçu, retire la diversité de ses valeurs et son calendrier ne mentionne plus les dates comme le Mois de l’Histoire Noire ou le Cinco de Mayo. Qui cela blesse-t-il réellement d’avoir cela dans le calendrier ?
Mais il y a d’autres entreprises, les Ben & Jerry’s ou les Costco, qui relèvent le défi, ou étonnamment même certaines à Wall Street annoncent continuer d’investir dans la diversité, ce qui m’a surpris.
Ils disent se débarrasser de ce qui ne fonctionne pas, mais investir dans ce qui importe. Ce sont ces entreprises qui seront du bon côté de l’Histoire. Nous nous rappellerons de celles qui ont suivi des politiques néfastes contraires à toute valeur de société. Regardez toutes ces autres sociétés qui défendent ce qui est humain et voyez comme elles vont mieux. Dernier point, si parmi vous certains n’aiment pas la DEI, arrêtez de vous cacher derrière l’acronyme. Dites-le clairement : « Je ne soutiens pas la diversité, l’équité et l’inclusion. » Dites-le, assumez-le ! Car l’acronyme déshumanise la chose. Quand vous refusez la diversité, l’équité et l’inclusion, vous ne niez pas seulement leur bénéfice aux femmes ou personnes racisées, mais aussi aux personnes en situation de handicap, ceux atteints de trisomie, aux vétérans, à 1 milliard de personnes au monde.
Dites-le explicitement ! Et vous verrez peut-être que c’est terrifiant de l’assumer. Peut-être qu’un simple changement de nom provoquera une prise de conscience.
David Rice : J’adore cette idée.
Lors de notre échange, tu rappelais que le lieu de travail pouvait devenir un levier de civilité, et ça me plaît. Comme beaucoup, j’ai longtemps évité de parler politique avec mes collègues. J’avais cette croyance qu’on ne discute pas de politique ni de religion au bureau, sauf en famille ou entre amis.
Je le pense encore parfois, mais tous ne partagent pas ce point de vue, et certains n’hésitent pas à mettre leur militantisme en avant. On a besoin de moyens pour maintenir la civilité et la décence dans ces discussions, car cette civilité a disparu dans les commentaires Facebook et parfois dans la vie réelle aussi.
Quelles sont, selon toi, les actions à entreprendre pour faire du lieu de travail un espace de civilité dans la société ?
Enrique Rubio : Bonne question. J’ai étudié l’administration publique, j’ai toujours aimé la politique et je suis reconnaissant de ne pas faire carrière là-dedans, l’ambiance y est devenue délétère.
Je la concevais comme une façon de servir. Heureusement j’ai trouvé, via les RH, une autre voie pour servir les gens. Pendant mon master, nous faisions souvent des jeux de rôle, endossant parfois le rôle de dictateurs ou de criminels devant la Cour internationale de justice. Ce n'est pas qu’on soit criminel — mais cela nous obligeait à argumenter à l’extrême, sans nous entretuer en classe !
Je pense qu’il faut retrouver cet esprit : à l’échelle de la société, dans les classes, au bureau, à l’église, en famille, il faut (re)créer des espaces permettant d’échanger sincèrement sur les sujets d’actualité, sans haine, sans agressivité, avec des règles claires exposées à l’avance. Si chacun adhère à ces règles, on peut avoir la conversation.
Je ne regarde plus beaucoup d’émissions de débats, mais prenez quelqu’un comme Bill Maher, par exemple. Il invite tous les bords, il provoque, mais ça ne tourne pas au massacre. Sans convaincre, parfois on se rapproche un peu ; qui sait ?
Par exemple, comprenons pourquoi certains rejettent la DEI. Peut-être que cet avis provient d’une expérience malheureuse (être écarté d’une promotion à cause de quotas, etc). Ce vécu individuel ne doit pas être nié par de simples statistiques positives. Il vaut mieux l’écouter, en discuter, chercher à comprendre.
Il faut instaurer un cadre pour parlons de sujets sensibles, d’autres, plus polémiques, peuvent rester en dehors. Mais commençons par des points d’accord/désaccord modérés pour constater que les « libéraux » et les « conservateurs » ne sont pas stupides, que ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous sépare.
Bien sûr, certains sont totalement fermés, des deux côtés, et ne seront jamais ouverts. Mais la majorité ne l’est pas, alors discutons en famille, à l’église, au bureau.
David Rice : Plus on a ce type d’échanges, plus on avance vers la civilité, simplement en voyant l’humain (« l’autre ») en face de soi.
Enrique Rubio : Quelques exemples frappants… Parfois on croise des gens prêts à dénoncer la DEI, mais incapables d’en expliquer le sens exact. Pareil avec ceux qui rejettent Obamacare mais défendent l’Affordable Care Act, ignorant que c’est la même loi ! Si on pouvait simplement discuter calmement de ces confusions…
David Rice : Un simple nom venu des politiciens…
Enrique Rubio : Exactement. Son vrai nom est juste différent, mais ça reste la même chose. On peut discuter de tout cela – comme les droits de douane, qui impactent aussi les entreprises.
David Rice : Les droits de douane impactent les affaires, oui.
Enrique Rubio : Absolument.
David Rice : C’est un débat légitime. Et comme tu dis, la DEI est souvent réduite à la question du genre ou de la race, alors que ça touche l’âgisme, les anciens combattants, l’accessibilité…
Enrique Rubio : Personnes neurodivergentes, accessibilité.
David Rice : Ce sont uniquement les sujets « brûlants » qui ont servi à attiser les tensions.
Enrique Rubio : Effectivement. Il est tragique que le gouverneur du Texas, lui-même en fauteuil roulant et bénéficiant de rampes d’accès, ait supprimé ces mesures pour d’autres. Monter à l’échelle et la retirer derrière soi, c’est impardonnable.
Si vous refusez la DEI mais que dans votre famille il y a du handicap, un vétéran, une personne neurodivergente, sachez que ça impactera aussi vos proches. Comme je l'ai dit : si on promet d'améliorer votre vie en dégradant celle d'autrui, tôt ou tard, on s'en prendra aussi à vous. Lorsqu’ils disent « nous sommes contre la DEI parce que nous refusons la progression des femmes, personnes transgenres ou de couleur », un jour ce sera votre tour aussi.
Ce genre d’attitude suit toujours le même schéma : 1. accuser les autres ; 2. leur retirer des droits ; 3. en douce, appliquer des décisions nuisibles même à ceux qui les soutenaient. Ce n'est pas comme ça qu’on avance.
David Rice : Je suis d’accord.
Pour les dirigeants, lorsqu’on réfléchit à l’avenir du travail, aux questions comme la DEI, la technologie, la durabilité… on a l’impression que les décisions présentes peuvent nous placer, à terme, du « mauvais côté de l’Histoire ».
Quels sont, selon toi, les valeurs-clés auxquelles les RH doivent aujourd’hui s’accrocher pour que dans 5 ou 10 ans, on ne considère pas leurs organisations comme les grandes fautives ?
Enrique Rubio : Ma réponse va peut-être sembler philosophique, mais c’est fondamental : construisez un lieu de travail dont vous pouvez être fier. Un lieu où vous souhaiteriez voir votre fils ou votre fille travailler un jour. Si vous construisez cela, alors vous êtes sur la bonne voie.
Vous voudriez qu’ils soient acceptés, y compris s’ils sont gays ou en situation de handicap… Ce que vous construisez aujourd’hui sera leur héritage. Si vous voulez bâtir ce lieu non seulement pour eux, mais pour tous, alors il faut privilégier l’inclusivité, la diversité, et mettre le facteur humain en premier. Ce n’est pas antinomique avec la rentabilité. Votre entreprise doit gagner de l’argent, certes, mais il est faux de croire que l’humain et le profit sont antagonistes. Les deux vont ensemble.
Commencez par vouloir que toute nouvelle génération soit fière de ce lieu, puis vérifiez que vos politiques créent un cadre où les gens réussissent. Chacun appliquera cela à sa façon, mais c’est la seule voie durable. Exclure, c’est se condamner à l’échec. On ne rendra pas un pays ou une entreprise grande en la réservant à un seul groupe à court terme. C’est aussi vrai pour les sociétés tech : supprimer des fêtes religieuses ou culturelles du calendrier interne, c’est s’aliéner d’immenses pans de la population. Imaginez devoir raconter plus tard : « J’ai retiré le Cinco de Mayo du calendrier Google » à un proche mexicain. Est-ce qu’ils seraient fiers de vous ? Probablement pas. « Construisez un lieu dont vous seriez fier d’avoir vos proches comme employés ! » C’est simple sur le papier, beaucoup moins facile à réaliser en pratique, mais c’est essentiel.
David Rice : Ça paraît simple, mais ce n’est pas si évident en réalité.
Enrique Rubio : Les dirigeants d’entreprise ne sont pas idiots, il s’agit de gens très brillants qui prennent parfois de mauvaises décisions. Je n'arrive pas à comprendre la banalisation de décisions complexes simplement parce qu’on pense qu’elles vont plaire à un pouvoir politique… Souvent, ce sont de mauvaises décisions, et les entreprises en sont conscientes, elles savent qu’elles font le mauvais choix, mais pensent qu’en favorisant le business au détriment du bien-être humain, ça suffira à long terme. Or, c'est faux.
David Rice : Les RH sont habitués à avoir le mauvais rôle parfois, mais quand on parle de politique au travail ou d’expérience collaborateur, on arrive à un point où il est impossible de rendre tout le monde heureux.
Pour les pros RH en proie à la fatigue de compassion, à la lassitude… Comment peut-on instaurer des limites saines pour soi-même au travail afin de faire face à l’épuisement émotionnel ?
Enrique Rubio : Je poste souvent une citation : « On ne peut pas être tout pour tout le monde tout le temps, cela vous tuera ». Ce n’est pas qu'une image : parfois c’est littéral. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera plus tard, car cela vous consume, vous épuise mentalement, physiquement, émotionnellement.
Il y aurait plusieurs manières de répondre, mais je me contenterai d’une : soyez clairs sur votre culture. Par exemple, si votre entreprise croit en la DEI et embauche une personne racisée comme Chief Diversity Officer, puis la licencie six mois après pour suivre un nouveau courant politique, qu’étiez-vous vraiment au départ ?
Vous n’étiez pas clairs. Vous avez trompé une personne qui croyait en votre vision, vous l'avez piégée. Même logique pour la flexibilité : promettre du télétravail puis l’abolir selon un mot d’ordre politique, c’est emplir la vie des gens d'incertitude et de mal-être. Tout ça faute d'avoir été clairs dès le départ.
Soyez donc précis sur vos valeurs, ce que vous êtes, et laissez chacun se positionner. Exactement comme dans la vie privée : si votre vie impose 95% de voyages, certains partenaires potentiels ne voudront pas d’une relation distante, et c’est normal. Même chose pour le travail : mieux vaut filtrer en amont par honnêteté, plutôt que de provoquer de la déception et du désengagement par des revirements soudains qui mèneront à la frustration des salariés… et à votre propre surmenage.
Bref : vous ne pourrez jamais satisfaire tout le monde en tout, en permanence.
David Rice : Je ne peux qu’approuver.
Pour les leaders RH qui peinent à avancer dans ces temps troubles — entre licenciements, coupes de budget DEI, injonctions contradictoires au retour sur site… L’incertitude est permanente.
Pour moi, la communauté est ce qui peut nous aider à traverser tout cela, mais nous sommes culturellement peu doués pour la bâtir. Peux-tu nous parler de l’importance d’apprendre à être de meilleurs bâtisseurs de communautés, en particulier pour les RH ?
Enrique Rubio : J’ai lu récemment une réflexion passionnante — que je vais sûrement écorcher —, mais en gros :
Nous affrontons les problèmes du XXIe siècle avec un cerveau conçu pour vivre dans la forêt, dormir la nuit, chasser, manger... Ensuite, la société contemporaine pousse tout le monde à résoudre ses problèmes seul, alors que l’humanité a toujours fonctionné collectivement : on chassait, survivait, évoluait ensemble, en tribus. L’instinct communautaire est inscrit dans nos gènes ; on ne peut pas l’effacer en 200 ans !
Notre cerveau n’est pas fait pour opérer seul. Il est façonné par l’évolution pour fonctionner en groupe réduit, pas pour des relations de masse type réseaux sociaux.
À l’école, au travail, tout valorise la performance isolée. Rencontrer des gens devient éprouvant. J’ai écrit sur la solitude, cette tragédie sociale : notre cerveau ne l’accepte pas. Construire ou rejoindre une communauté, ce n’est pas juste payer une adhésion à une association. C’est par exemple participer réellement à des groupes de quartier, d’entraide, voire des groupes de parole. J’en fais partie dans ma petite ville, et c’est salutaire.
C’est donc vital, plus que jamais, de bâtir ou rejoindre ce type de réseaux authentiques. D’autant que pour gérer toutes les angoisses artificielles fabriquées par la politique actuelle (anxiété, sentiment de panique, divisions orchestrées), il faut un appui collectif. Lutter seul contre tout cela ? C’est insurmontable. Discuter de ses angoisses, verbaliser sa détresse face à d’autres, c’est déjà se soulager émotionnellement. Nous devons revenir au collectif, rien que parce que c’est dans notre nature.
David Rice : Enrique, merci d’être venu et d’avoir partagé ton expérience.
Avant de conclure, j’aime proposer à mes invités de présenter où on peut les retrouver et suivre leur actualité.
Enrique Rubio : Merci pour l’opportunité de dialoguer sur ces sujets. Comme tu le vois, je n’ai plus peur d’en parler, même à l’approche de la réélection de Trump. Avant, j’évitais la politique, maintenant je ne peux plus. Certains s’en agaceront, mais j’assume de vouloir être du bon côté de l’Histoire, d’en parler ouvertement, pour que l’on se souvienne de ma position.
Pour me contacter, allez sur LinkedIn, cherchez Enrique Rubio. Je parle avec tout le monde, j’adore débattre de politique — c’est passionnant quand c’est bien fait.
David Rice : Dernière tradition de l’émission, tu peux me poser la question de ton choix. Je te laisse la parole !
Enrique Rubio : Qu’est-ce qui te donne de l’espoir, notamment pour notre pays, les États-Unis ?
David Rice : L’histoire avance par cycles. Il existe un livre, The Fourth Turning, qui évoque des cycles historiques de 80 à 100 ans : un printemps avec l’après-guerre, croissance, créativité, puis l’été, l’automne où apparaissent les tensions, puis l’hiver, la crise, la transformation radicale. On est à 80 ans depuis la Seconde Guerre mondiale, donc probablement à l’aube d’une grande mutation historique. Mais je crois, et j’espère, que dans 8 à 10 ans, on regardera cette période difficile avec du recul et des leçons utiles.
Enrique Rubio : C’est pour cela qu’il importe de relever la tête immédiatement, pour que l’Histoire se souvienne de ceux qui ont défendu le bien, et sont restés fidèles à leurs valeurs, même quand ce n’était pas populaire.
David Rice : Absolument. Enrique, merci pour ta venue.
Enrique Rubio : Merci à toi de m’avoir invité.
David Rice : Auditeurs, si ce n’est pas déjà fait, rendez-vous sur peoplemanagingpeople.com/subscribe pour recevoir nos newsletters et ne rien manquer des podcasts et de nos ressources. D’ici là, tenez bon, prenez position, soyez du bon côté de l’Histoire !
