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La flexibilité dans nos modes de travail est-elle vraiment bénéfique ? Ou pas ? 

Pendant la pandémie, le risque que les employés se sentent isolés et déconnectés de leurs équipes préoccupait beaucoup. Même si éviter les déplacements et rendre du temps aux gens paraît positif, bénéficient-ils réellement de modalités de travail les amenant à travailler seuls à domicile ?

Beaucoup des points de vue disponibles à ce sujet reposent sur des opinions ou des observations. Mais aujourd’hui, une étude révolutionnaire menée par le professeur Mark Ma et son étudiante diplômée Yuye Ding de l’Université de Pittsburgh apporte enfin des informations concrètes et fondées sur les données pour évaluer si la flexibilité est positive ou négative pour la santé mentale à l’échelle des États-Unis.

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Le besoin de nouvelles données

Selon un sondage de 2022 de la Chambre de commerce américaine auprès de 403 dirigeants, 64 % des participants estimaient que le télétravail avait, à des degrés divers, un impact négatif sur la santé mentale de leurs salariés, contre 55 % en 2021. 

Un sondage de l’American Psychiatric Association réalisée en 2021 montrait aussi que la majorité des employés en télétravail ressentaient des impacts négatifs sur leur santé mentale : solitude, isolement, difficulté à déconnecter en fin de journée.

Cependant, comme le rappellent les chercheurs de Pittsburgh, ces résultats proviennent d’une période de confinement et d’isolement social imposés à tous par la pandémie. 

Il est donc probable que la solitude et l’isolement liés au télétravail aient diminué – voire disparu – lorsque les gens ont pu sortir à nouveau, voir leurs proches et participer à des activités sociales, civiques ou communautaires. 

De plus, les études précédentes reposaient sur des données d’auto-déclaration, et non sur des évaluations professionnelles des risques pour la santé mentale.

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Les nouvelles données 

L’étude de l’Université de Pittsburgh s’appuie au contraire sur les données étatiques sur la dépression et le risque de suicide, issues de Mental Health America, qui recueille plus de 5 millions de tests de dépistage anonymes réalisés par des utilisateurs américains sur MHAScreening.org.

Les chercheurs ont également utilisé des données sur la part d’entreprises offrant de la flexibilité dans chaque État en 2023, selon le Scoop Flex Index Report.

Le croisement de ces deux sources permet de tirer des conclusions importantes pour 2023, première année où la pandémie a été véritablement considérée comme terminée. 

Les États ayant la proportion la plus élevée d’entreprises flexibles affichent des taux de dépression significativement plus faibles. La corrélation est nette : le taux de dépression, dans ces États à forte flexibilité, présente un coefficient de corrélation négatif de -0,389 et une valeur p de 0,012, ce qui indique une relation inverse forte. 

En d’autres termes, ces résultats démontrent très clairement qu’une plus grande flexibilité favorise nettement le bien-être mental. 

Taux de dépression par État

Par exemple, le Mississippi, où seulement 52 % des organisations proposent du télétravail ou du travail hybride — le taux le plus bas des États-Unis —, affiche un taux de dépression environ 50 % supérieur à celui du Massachusetts, l’État le plus flexible où 84 % des organisations offrent cette possibilité.

La Californie affiche moins de flexibilité que le Massachusetts, avec 79 % des organisations proposant des aménagements flexibles. La Californie enregistre alors un taux de dépression 20 % plus élevé que l’État de la Nouvelle-Angleterre. Vous vous dites peut-être que la vie dans ces deux régions n’a rien à voir, donc d’autres facteurs peuvent entrer en jeu… 

Nous pouvons comparer deux États qui devraient être très similaires sur d'autres plans, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud. Dans cette dernière, 66 % de toutes les entreprises offrent de la flexibilité, contre 71 % dans la première. La Caroline du Nord présente un taux de dépression inférieur de 17 %.

Cette tendance se retrouve en comparant d'autres États de taille et de géographie similaires, tels que l'Ohio et la Pennsylvanie. Dans l'Ohio, 65 % des organisations proposent des opportunités de travail hybride ou à distance pour les employés, alors que ce chiffre atteint 73 % en Pennsylvanie. Il n'est pas surprenant d'apprendre que la Pennsylvanie compte 12 % de dépression en moins.

Corrélation vs Causalité

Bien que l'étude établisse une corrélation claire, il est important d'explorer les mécanismes possibles par lesquels la flexibilité au travail améliore la santé mentale. Plusieurs facteurs contribuent probablement à cet effet positif. Ceux-ci incluent :

  • Réduction du niveau de stress
  • Autonomie accrue
  • Davantage de contrôle sur leur temps
  • Sens de l’appropriation de leur travail
  • Meilleur environnement pour aider ceux ayant des difficultés de santé mentale.

Alors que nous continuons d’évoluer dans cette nouvelle normalité, les enseignements tirés de cette recherche sont inestimables. Ils aident non seulement à façonner les politiques organisationnelles adaptées aux dynamiques contemporaines entre vie professionnelle et vie privée, mais assurent également que ces politiques contribuent positivement à la santé mentale des employés.

L'objectif doit être clair : concevoir des modèles de travail qui promeuvent à la fois une grande productivité et une bonne santé mentale, créant ainsi des milieux professionnels non seulement plus humains, mais aussi plus efficaces.

Adopter la flexibilité ouvre la voie à la création d’organisations plus résilientes et adaptatives dans le monde post-pandémique. Pour aller plus loin, lisez l’excellent article d’Alex Link et Cillian Dore sur les meilleures pratiques du travail hybride.

Logiciels pour soutenir les équipes à distance

Le nombre d’outils créés pour soutenir le travail à distance n’a fait qu’augmenter depuis la pandémie. Certains aident vos employés à créer du lien, d’autres à trouver des documents de support importants ou à fournir des analyses détaillées des comportements des employés.

Au fil de la constitution de votre catalogue d’outils, il peut être difficile de distinguer ceux qui sont essentiels de ceux qui sont juste utiles. Pour vous aider à faire le tri, nous avons examiné une sélection de logiciels de travail à distance qui soutiendront vos équipes dispersées.

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Gleb Tsipursky

Le Dr Gleb Tsipursky a été salué comme « faiseur de miracles au bureau » et « expert de l’hybride » par le New York Times pour avoir aidé les dirigeants à utiliser le travail hybride afin d'améliorer la rétention et la productivité tout en réduisant les coûts. Il est PDG du cabinet-conseil Disaster Avoidance Experts, spécialisé dans le futur du travail. Auteur à succès, consultant et spécialiste du comportement, il est fier d’être américano-ukrainien et vit à Columbus, Ohio.